Suis-je un sujet à risque ?

Principe du test

Le dépistage par la recherche de sang dans les selles s’adresse exclusivement aux personnes dites à risque moyen de cancer colorectal (CCR) c’est-à-dire toute personne de plus de 50 ans qui ne présente aucun des facteurs de risque connus et pas de symptômes de type colique. Ce test détecte la présence de sang dans les selles et peut dépister avec une sensibilité de 70 à 80 % les cancers et polypes dits avancés.
Ce test n’est pas recommandé pour les personnes à risque élevé ou très élevé (cf ci-dessous).

Chez les personnes qui présentent un risque élevé ou très élevé, une coloscopie est recommandée dans le but de dépister des polypes et de les retirer ce qui permet de réduire considérablement le risque de cancer colorectal.

Qu’est-ce qu’un risque élevé ?

On parle de risque élevé lorsque le risque de cancer colo-rectal est 2 à 4 fois supérieur au risque moyen (soit 6 à 20 % de risque de cancer).

On retient comme présentant un risque élevé* les personnes suivantes :

  • personne ayant déjà eu un cancer colo-rectal ou un (ou plusieurs) adénomes coliques (polypes) lors d’une coloscopie antérieure.
  • personne dont un parent au premier degré (père, mère, frère, soeur, enfant) a été atteint d’un cancer colo-rectal ou a présenté un adénome colique avant 65 ans.
    personne ayant deux ou plusieurs antécédents au premier degré quel que soit l’âge de survenue.
  • personne atteinte de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (maladie de Crohn et rectocolite inflammatoire). Le risque dépend de l’ancienneté de la maladie et de son étendue. Un suivi régulier est recommandé par un gastro-entérologue même en l’absence de symptôme.

Risque très élevé (70 à 100% de risque de cancer)

Dans certaines familles, le cancer colorectal peut se transmettre de génération en génération. On parle de syndromes de Lynch (syndrome HNPCC) ou de polypose adénomateuse familiale lorsqu’il existe de très nombreux polypes (10 à 100).

Un syndrome de Lynch doit être recherché en cas de 3 cancers du spectre (côlon-rectum, endomètre, ovaire, grêle, uretère ou cavités excrétrices rénales) sur 2 générations dont un de moins de 50 ans. Toutefois, une anomalie génétique peut être identifiée sans que ces critères soient tous présents.

Cette recherche doit être effectuée dans les cas suivants :

  • Indication d’une consultation d’oncogénétique
    • Personnes ayant deux parents atteints par un cancer du spectre dont un avant l’âge de 50 ans
    • personne atteinte de cancer colorectal et ayant un antécédent personnel de cancer du spectre HNPCC
    • personne atteinte de cancer colorectal de moins de 40 ans
    • Présence d’une instabilité microsatellitaire sur la tumeur d’une personne de moins de 60 ans ou quelque soit l’âge en cas d’antécédent au 1er degré d’un cancer du spectre HNPCC.
  • Indication de recherche d’un phénotype d’instabilité microsatellitaire sur la pièce opératoire (MSI+) :
    • personne de moins de 60 ans atteinte par un cancer du spectre HNPCC
    • personne atteinte de cancer colorectal quel que soit son âge, ayant un antécédent familial au premier degré de cancer du spectre HNPCC.

Score de risque

Au sein du groupe à risque moyen certaines personnes présentent un risque plus élevé en raison de facteurs personnels. Plusieurs scores ont été publiés.

Ils ne sont pas l’objet d’un consensus scientifique. On peut toutefois préciser à la population que les facteurs suivants ont été reconnus comme constituant des facteurs de risques de cancer colorectal. Le risque s’accroit à mesure qu’on cumule les facteurs de risques :

  • Consommation d’alcool excessive,
  • Diabète,
  • Consommation riche en aliments fris,
  • Consommation pauvre en légumes verts,
  • Consommation riche en viandes rouges et pauvre en viandes blanches,
  • Tabac,
  • Sexe Masculin,
  • Âge : le risque de cancer augmente avec l’âge et en particulier après 85 ans.
  • Sédentarité et faible activité physique.
  • Obésité.